L'ETCAF et le Système de Justice

Écarts dans les résultats sur le plan de la santé relativement au TSAF chez les Autochtones

Selon Statistique Canada, on comptait 94 400 Autochtones vivant dans les provinces atlantiques (Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard) en 2016. Si on applique la proportion récemment établie de 3,6 % de cas dans la population générale, on peut prévoir qu’environ 3 400 Autochtones vivant dans ces provinces ont actuellement besoin de services de santé relatifs au TSAF. Or en 2011, il y avait dans la région atlantique une capacité de dix diagnostics seulement. Après, grâce à l’ouverture du Centre d’excellence TSAF du Nouveau-Brunswick, la capacité a été portée à 30 diagnostics mais, pour la plupart, elle ne bénéficie pas à la population autochtone. Quatre-vingt-dix neuf pour cent des Autochtones atteints d’un TSAF dans les provinces atlantiques n’ont pas accès à des services de diagnostic du TSAF ni à des traitements d’adaptation aux déficiences liées au TSAF. On trouve des limites semblables dans l’accès aux services de diagnostic partout au Canada.

Le désavantage que vivent les Autochtones atteints d’une déficience liée à un TSAF est exacerbé par l’écart important qu’ils vivent également en matière de santé, de scolarisation, de logement et au regard de tous les autres facteurs déterminants de la santé. Selon le rapport du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU de 2014 :

« La santé des membres des Premières Nations, des Inuits et des Métis du Canada est une question très préoccupante. […] d’importants écarts subsistent dans les résultats en matière de santé entre les Canadiens autochtones et non autochtones, notamment en ce qui touche l’espérance de vie, la mortalité infantile, le suicide, les lésions et les maladies transmissibles et les maladies chroniques comme le diabète. Cette situation sanitaire est exacerbée par la surpopulation des logements, la croissance rapide de la population, des taux de pauvreté élevés et l’éloignement géographique de nombreuses populations, surtout les populations inuites du Nord. »

La situation socio-économique est un des facteurs de risque ou de protection les plus importants décelés chez les personnes qui ont reçu un diagnostic de TSAF. Des chercheurs ont comparé la progéniture des mères issues de la classe moyenne supérieure à celle des mères issues des classes inférieures. Les membres des groupes étudiés avaient tous des problèmes d’alcoolisme chronique et leur consommation d’alcool pendant la grossesse était semblable. Pourtant, la fréquence du TSAF était de 4,5 % chez la progéniture des mères issues de la classe moyenne supérieure contre 70,9 % chez la progéniture des mères issues de la classe moyenne inférieure. Il y avait des différences notables entre les taux de déficience intellectuelle, mais également dans des traits qui ne pouvaient pas être attribués au milieu post-natal, comme une circonférence occipitofrontale et une croissance considérablement réduites et une fréquence accrue des malformations congénitales.