L'ETCAF et le Système de Justice

Accès à la prestation de services

Dans la majeure partie du Canada, l’accès aux services de santé que nécessite le TSAF est limité mais, dans les populations autochtones, l’accès à la prestation de tels services est un problème particulièrement aigu. Il n’existe aucune équipe multidisciplinaire de diagnostic du TSAF au Nunavut, et l’accès à des services de diagnostic est limité dans les Territoires du Nord-Ouest, malgré le fait que le ministère fédéral de la Santé et les Lignes directrices canadiennes concernant le diagnostic recommandent le diagnostic en équipe. Voici ce qu’en dit un rapport sur la santé publique chez les Inuits :

« L’ETCAF [ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale] a été recensé comme un problème de santé pressant dont souffrent les communautés inuites. Des entrevues avec des représentants de chacune des régions du nord (sic) ont révélé que l’ETCAF est l’une de leurs principales préoccupations en ce qui concerne leur région. »

Il peut également exister des inégalités dans les services de santé entre les différentes populations autochtones. Ainsi, les fournisseurs de services des populations inuites ont signalé que leurs populations recevaient une part du financement fédéral au titre des FASD largement inférieure à celle d’autres groupes autochtones du pays. Dans ce même rapport, on souligne également le manque général de planification, de programmes et de ressources adaptés aux Inuits pour des activités liées aux FASD.

Dans l’ensemble des régions du Canada, on a décelé les lacunes suivantes dans la prestation de services de santé liés au TSAF chez les Premières Nations et les Inuits :

  • manque de services de diagnostic;
  • manque de suivi et de coordination après le diagnostic;
  • manque de services d’intervention et de soutien des familles qui serviraient à aider les personnes ayant reçu un diagnostic et leur famille;
  • manque de services de consultation psychologique et de réduction des méfaits liés à l’alcoolisme destinés aux femmes;
  • manque de formation des professionnels de la santé et manque de personnel de services de santé dans les localités;
  • manque de formation de personnel qui aiderait les membres de la collectivité à mettre en œuvre les programmes et des services en matière de TSAF;
  • manque de services et de personnel voués aux délinquants atteints d’un TSAF, notamment de services de diagnostic chez les adultes, dans les services correctionnels;
  • absence de stratégie et de méthode de diagnostic, de prévention et d’intervention culturellement adaptées en matière de TSAF.