L'ETCAF et le Système de Justice

Étude – Progrès dans le diagnostic du TSAF à l’échelle locale

Une équipe multidisciplinaire locale de diagnostic du TSAF, Eastern Door, a été établie au début des années 2000 au Nouveau-Brunswick dans le cadre de l’appel à propositions lancé par la Direction générale de la santé des Premières Nations et des Inuits. L’équipe d’Eastern Door est une équipe de diagnostic de proximité œuvrant auprès des Autochtones depuis 2005-2006; elle a servi de modèle au Centre d’excellence TSAF du Nouveau-Brunswick, qui a ouvert en 2012.

La création d’Eastern Door est en fait le résultat d’une collaboration réussie entre le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial et la Première Nation Elsipogtog. Elle n’aurait pas été possible sans le financement assuré par le programme relatif au TSAF de la DGSPNI pour la formation et la coordination de l’équipe, mais les services provinciaux non financiers d’un médecin et d’un ergothérapeute et les services d’adaptation aux besoins particuliers offerts après diagnostic par l’école de la réserve ont aussi été essentiels. De par l’élaboration d’outils de dépistage, de diagnostic et d’intervention culturellement adaptés et de par la participation de guérisseurs traditionnels à l’établissement du diagnostic, Eastern Door est sans équivalent. Après quelques années de fonctionnement, un sondage de satisfaction a été envoyé aux familles qui avaient eu accès aux services d’Eastern Door; le taux de satisfaction dépassait 90 %. Une des mères biologiques qui a pu recevoir des services de proximité en matière de TSAF décrit en ces mots son expérience du diagnostic, puis de la suite des choses lorsque des mesures d’adaptation ont été mises en œuvre et que son enfant a commencé à apprendre :

« Lorsqu’elle était bébé, je ne comprenais pas pourquoi, vous savez, quand elle se fâchait, elle se frappait la tête contre le plancher … tout le temps … elle ne savait pas comment dire comment elle se sentait … alors rien que pour … pour l’empêcher de se blesser, je mettais ma main sur sa tête, là où elle se frappait la tête, pour qu’elle ne se fasse pas mal …

Au début j’avais peur d’y aller et je ne savais pas … je ne voulais pas savoir … mais j’ai laissé toutes mes peurs de côté et je me suis dit que j’y allais pour ma petite … Elle m’a posé beaucoup de question et j’y ai simplement répondu honnêtement, du mieux que j’ai pu … ce que je sais … mais elle m’a aidé à comprendre plein de choses dans ma tête … à ce sujet … rien que de lui parler a été un soulagement … pour moi … le fait que ça porte un nom … le médecin m’a dit ce que c’était, puis ce qu’on allait faire et chaque mot qu’il a prononcé après … ça m’a allégé le cœur et alors, les choses ont commencé à aller mieux après et toutes les deux […] et elle a commencé à apprendre et lorsqu’elle a commencé à lire, j’ai pleuré … je n’aurais jamais pensé qu’elle serait capable de lire … et j’étais si contente … lorsqu’elle a reçu son diplôme d’études secondaires – tout ça grâce au diagnostic, il m’a facilité la vie. »

Malgré ce succès, le financement de la DGSPNI réservé à Eastern Door a été réduit au point où il ne couvre même pas le salaire du coordonnateur d’équipe. À l’origine, on planifiait de commencer à offrir aux adultes des services de diagnostic et de les élargir afin de permettre aux populations des Premières Nations voisines d’accéder aux services de diagnostic qu’elles demandaient. Au lieu de cela, un des administrateurs du centre de santé a dû récemment restreindre les services offerts par Eastern Door en raison d’un financement insuffisant de la DGSPNI. Cette dernière a supprimé les services de diagnostic des éléments financés de son programme relatif au TSAF car, selon elle, ces services médicaux sont la responsabilité de la province. Eastern Door n’a actuellement pas de financement au titre des services de santé et fonctionne grâce à la division locale de l’éducation, qui offre des services de diagnostic aux enfants d’âge scolaire et aux jeunes personnes.