L'ETCAF et le Système de Justice

Diagnostic précoce

Si l’on diagnostique tôt l’ETCAF, les mesures d’intervention que l’on prend peuvent en amoindrir l’impact. Par exemple, un plan de gestion efficace à l’intention des aidants permanents peut aider à éviter que les personnes atteintes de l’ETCAF acquièrent des déficiences secondaires et leur permettre d’avoir une vie plus productive. Les recherches montrent que des individus exposés à l’alcool avant la naissance et qui ont commencé à participer à des programmes de développement avant l’âge de cinq ans présentent des résultats positifs. Un encadrement professionnel ainsi qu’une aide à la vie quotidienne peuvent aussi aider la personne atteinte de l’ETCAF à trouver et à conserver un emploi et à devenir indépendante grâce à des mesures de soutien permanentes. Malgré leurs déficiences, les personnes atteintes de l’ETCAF ont de nombreuses qualités positives et peuvent mener une vie très réussie (ASPC, 2008) « Il est essentiel de poser un diagnostic exact et opportun si l’on veut améliorer l’issue, car une erreur de classification mène à des soins inappropriés, à un risque accru de déficiences secondaires, à des occasions de prévention manquées ainsi qu’à des estimations inexactes de l’incidence et de la prévalence. » (Chudley, A., et coll., 2005). Toutefois, la plupart des cas d’ETCAF ne sont malheureusement pas diagnostiqués.

Un diagnostic à n’importe quel stade

Même s’il est impossible de poser un diagnostic précoce, le fait d’en poser un à n’importe quel stade aidera les professionnels de la justice à représenter, à poursuivre et à juger l’individu touché d’une manière qui correspondra à son aptitude à maîtriser son comportement, à informer son avocat, à bien comprendre le processus judiciaire et à comprendre les conséquences de ses actes. « L’ETCAF n’est pas une nouvelle mode ou le diagnostic du jour. Il s’agit d’un diagnostic important qui n’apparaît pas dans les répertoires des praticiens, d’un diagnostic qui mène à des interventions différentes et plus efficaces. » (Malbin, D.V., 2004).

Par-dessus tout, « les juges ont besoin de la sanction des lois et des tribunaux d’appel pour formuler des décisions adaptées à l’ETCAF. » (Moore, T.E. et Green, M., 2004).

En attendant, les tribunaux peuvent quand même jouer un rôle de premier plan en prenant davantage conscience de l’ETCAF et en soutenant l’élaboration de stratégies efficaces. « Juste en demandant (si l’ETCAF est un facteur), un juge validera le problème et encouragera les défenseurs et les professionnels à se renseigner davantage sur l’ETCAF et à en tenir compte au moment de formuler des recommandations au tribunal. Par ricochet, cela contribuera à améliorer la capacité qu’ont les collectivités de poser des diagnostics et de créer des programmes, et cela amoindrira à terme le fardeau que ce groupe à risque impose aux tribunaux. » (Malbin, 2004).