L'ETCAF et le Système de Justice

Dans une affaire qui met en cause un accusé souffrant de l’ETCAF, l’évaluation de la responsabilité commence par le fait de reconnaître l’effet qu’a l’ETCAF sur le fonctionnement adaptatif et exécutif. « Un juge a considéré que l’ETCAF était capable de priver une personne de la capacité d’« agir dans le cadre des normes sociales ordinaires » » ((Roach, K. et Bailey, A., 2009).

Le fonctionnement adaptatif inclut les comportements appropriés selon l’âge qui sont nécessaires pour que les gens vivent de façon indépendante et fonctionnent de manière sûre et convenable dans la vie de tous les jours. Chez les personnes atteintes de l’ETCAF, les comportements maladaptatifs peuvent inclure les comportements antisociaux, rebelles, auto-abusifs ou sexuellement inappropriés et aggraver le risque que ces personnes soient victimes de déficiences secondaires (Clark et coll., 2004).

Au nombre des déficiences secondaires attribuables à l’ETCAF figurent les suivantes :

  • de mauvaises relations sociales;
  • l’incapacité de vivre de façon indépendante;
  • un manque de jugement au travail, à l’école et au sein de la collectivité;
  • une mauvaise hygiène personnelle;
  • ne pas tirer de leçons d’une punition et/ou de ses conséquences;
  • des récidives fréquentes;
  • une maladie mentale.

Les fonctions exécutives sont un ensemble de processus cérébraux qui sont responsables de la planification, de la pensée abstraite, de l’acquisition des règles, de la prise de mesures appropriées et du blocage de gestes inappropriés, ainsi que de la sélection d’informations sensorielles pertinentes. Une personne atteinte de l’ETCAF peut avoir un fonctionnement exécutif déficient, ce qui mène aux situations suivantes :

  • de la désorganisation;
  • une aptitude restreinte à réfléchir au-delà du moment présent;
  • de la difficulté à trouver et à conserver un emploi stable;
  • une vulnérabilité à un mode de vie délinquant;
  • de la difficulté à planifier à l’avance;
  • de la difficulté à retarder une gratification ou à maîtriser ses impulsions;
  • l’incapacité de généraliser.

Au moment d’envisager de rendre une décision ne comportant pas le placement sous garde à l’endroit d’un délinquant souffrant de l’ETCAF, le tribunal doit tenir compte des besoins et des déficiences uniques de cette personne afin d’élaborer, pour les ordonnances de probation, des conditions qui peuvent être comprises et respectées. Les personnes atteintes de l’ETCAF ont également besoin d’aidants compréhensifs et constants qui leur fournissent en permanence des conseils, une direction et une structure, et qui assurent la défense de leurs intérêts. Sans cet appui, les délinquants atteints de l’ETCAF ont peu de chances de :

  • comprendre et respecter les conditions liées à une peine de surveillance dans la collectivité;
  • progresser vers la réhabilitation.