L'ETCAF et le Système de Justice

Les témoins et les victimes atteints de l’ETCAF font face aux mêmes difficultés de comportement adaptatif, de langage, d’attention, de raisonnement et de mémoire (tableau ALARM) que les accusés qui souffrent des mêmes troubles. Il peut être difficile d’interroger un tel témoin ou une telle victime à cause de ses faibles aptitudes sociales, de son faible niveau de compréhension, de son incapacité à se concentrer pendant de longues périodes ou à faire le lien entre certains gestes et leurs conséquences, de sa faible mémoire à court terme et de sa tendance à fabuler (remémorer des détails ou des faits qui ne se sont pas réellement produits).

Lorsqu’elle est interrogée par la police, une personne – victime ou témoin – atteinte de l’ETCAF « peut vraiment croire que la bonne réponse doit être celle que l’interrogateur semble vouloir obtenir, que cette réponse soit factuellement véridique ou non. » (Kelly, AK., 2003).

Lorsque vous interrogez des victimes, des témoins ou des accusés atteints de l’ETCAF ou que vous préparez ces personnes à témoigner lors d’un procès :

  • posez des questions ouvertes;
  • évitez les figures de style;
  • ne les orientez pas dans une direction particulière;
  • ne les laissez pas raconter leur récit;
  • soyez patient.

Voir aussi le FASD Guide Book for Police Officers, Section 2.2. Conducting Interview and Taking Statements.

Il existe d’autres moyens que les travailleurs des services d’aide aux victimes peuvent utiliser face à une victime atteinte de l’ETCAF :

  • se servir d’images et d’indices visuels;
  • faire plusieurs pauses;
  • répéter les informations;
  • demander au client d’expliquer ce qu’on vient tout juste de lui dire;
  • prendre les dispositions nécessaires pour que la victime fasse sa déclaration à la police dans le bureau d’un travailleur des services d’aide aux victimes qu’elle connaît bien (plutôt qu’au poste de police).

(Fraser, C., 2009).