L'ETCAF et le Système de Justice

Les habiletés d’expression langagière inférieures, les problèmes de mémoire et de notions abstraites (comme le temps), un jugement affaibli, la suggestibilité et l’impulsivité peuvent faire en sorte qu’une personne atteinte de l’ETCAF soit particulièrement vulnérable lors d’une enquête et de rencontres avec la police. Et même si des troubles du langage importants peuvent faire en sorte qu’il leur est difficile de saisir ce qui se passe au moment en question ou les questions qu’on leur pose, bien des gens atteints de l’ETCAF sont capables de dissimuler leur confusion. « Ils acquièrent une désinvolture qui dissimule leur compétence réelle. Les subtilités du langage les dépassent. Les expressions idiomatiques ou sarcastiques sont susceptibles de les embrouiller. » (Moore, T.E. et Green, M., 2004).

Un avocat représentant un client atteint de l’ETCAF devrait obtenir un compte rendu complet des circonstances entourant la rencontre que l’accusé a eue avec la police et être prêt à l’expliquer en tenant compte du trouble dont souffre son client. Par exemple, lors d’une arrestation, une personne atteinte de l’ETCAF peut :

  • agir de façon inappropriée quand on la touche, à cause de problèmes d’intégration sensorielle;
  • devenir agressive à cause d’une surcharge sensorielle due au bruit, aux feux clignotants et à l’activité qui se déroule sur les lieux, ou à cause de l’incapacité d’interpréter les gestes non verbaux;
  • répondre de façon inappropriée aux questions qui lui sont posées parce qu’elle a de la difficulté à traiter le langage;
  • être incapable de structurer ses pensées, de traiter des informations ou de comprendre le langage écrit.

Une personne atteinte de l’ETCAF peut ne jamais réellement saisir ce qu’est le fait de renoncer à ses droits, et vouloir faire une déclaration dans laquelle elle renonce à ses droits, sans en comprendre les complications, et il peut-être facile de l’inciter à parler.