L'ETCAF et le Système de Justice

Les personnes atteintes de l’ETCAF, et surtout les jeunes, sont sensibles aux fausses confessions. Un grand nombre d’entre elles ont de la difficulté à maîtriser leur comportement impulsif, ont de mauvaises habiletés de communication et, sous pression, sont faciles à embrouiller. Il est possible qu’elles ne comprennent pas ou n’entendent pas la mise en garde juridique tout entière, qu’elles se mettent à « bavarder » après leur arrestation et qu’elles disent des choses qui les incriminent.

Désirant vivement faire plaisir aux personnes qui se trouvent en situation d’autorité, les personnes atteintes de l’ETCAF peuvent faire une fausse confession pour faire plaisir à la police, ou parce qu’elles croient que si elles avouent on les laissera rentrer chez elles. (US Dept. Health and Human Services, SAMHSA, 2007). De plus, ces personnes ont des problèmes de mémoire. Certains chercheurs ont conclu que les jeunes atteints de l’ETCAF ont tendance à mentir (Rasmussen, 2008), et d’autres laissent entendre que ce que l’on constate réellement chez les jeunes atteints de l’ETCAF est un comportement adaptatif conçu pour compenser les déficits de mémoire. « Ils sont incapables de dire la vérité à cause d’énormes déficits de mémoire. Ils vous disent ce qu’ils pensent que vous voulez entendre. Ils sont habiles à décoder les signes que laisse paraître votre visage, et vous obtiendrez chaque fois un récit différent. » (Nanson, J., 2004).

Les capacités verbales des jeunes atteints de l’ETCAF sont également très lacunaires. « L’une des choses fort cruciales est que le système judiciaire est un système très verbal. Il ne s’agit pas d’un système qui vous montre grand-chose. Il s’agit d’un système qui vous dit des choses et qui vous donne des documents à signer. Et nous avons affaire à des personnes qui signeront n’importe quoi, qui accepteront n’importe quoi, et qui excellent à ne pas laisser voir à quel point leurs habiletés verbales sont déficientes. » (Nanon, J., 2004).

Si vous représentez un accusé atteint de l’ETCAF, il est important aussi de vous rappeler que l’âge chronologique de l’accusé ne correspond peut-être pas à son âge fonctionnel. Par exemple, dans le cadre d’une étude en particulier, l’âge chronologique médian des participants était de 16 ans et 5 mois, tandis que leur âge fonctionnel était de 6 ans et 7 mois. (Streissguth A., LaDue, R., Randels, S.P., 1988).

Les communications avec les adultes et les jeunes atteints de l’ETCAF devraient être :

  • concrètes;
  • simples;
  • répétées.

Il peut être utile de poser des questions ouvertes. R. c. L.T.H. [2008 2 R.C.S. 739, 2008 CSC 49].