L'ETCAF et le Système de Justice

Compte tenu du droit en vigueur, il est important que les juges considèrent la conduite des agents de police sous l’angle de la situation particulière d’une personne atteinte de l’ETCAF, et cela inclut sa suggestibilité et la possibilité qu’elle fasse une fausse confession. » (Roach, K. et Bailey, A., 2009, p. 21).

Les personnes atteintes de l’ETCAF sont souvent qualifiées d’hypersuggestibles. « Si on la soumet à des questions répétées, la personne atteinte de l’ETCAF ou du SAF, qui est souvent sensible à des suggestions sur ce qui s’est peut-être passé, peut incorporer ces suggestions à son propre récit des événements. » (Conry et Fast, 2000).

Par exemple, dans l’affaire Bryan Tait, un adulte atteint de l’ETCAF a fait une fausse confession à la suite de laquelle il a été incarcéré pendant 11 mois pour un double meurtre qu’il n’aurait pas pu commettre. Il « a tout d’abord nié avec véhémence toute implication de sa part, mais il a finalement avoué et répété l’histoire que la police lui avait lue – à partir de là, sa confession s’est nettement écartée des faits connus. On a plus tard découvert que quand les meurtres avaient été commis, il se trouvait en prison pour une autre infraction ». (Conry et Fast, 2000).

Les personnes atteintes de l’ETCAF sont très sensibles aux thèmes minimisateurs et aux méthodes d’interrogatoire « faussement amicales ». Elles font confiance et veulent faire plaisir aux personnes qui se trouvent en situation d’autorité.

Si vous soupçonnez que la personne que vous représentez est peut-être atteinte de l’ETCAF et si cette personne a fait une confession, examinez en premier lieu s’il existe une preuve suffisante qu’un crime a été commis. Si la réponse est oui, vérifiez ensuite si :

  • l’accusé a simplement avoué pour faire plaisir à la personne qui l’interrogeait ou pour l’apaiser;
  • l’accusé a avoué quelque chose dont il n’est pas capable de se souvenir;
  • l’accusé a bien compris les conséquences de la confession;
  • les personnes qui ont procédé à l’interrogatoire ou qui étaient présentes à ce moment-là connaissaient bien les signes et les symptômes de l’ETCAF.

Les communications avec les adultes et les jeunes atteints de l’ETCAF doivent être :

  • concrètes;
  • simples;
  • répétées.