L'ETCAF et le Système de Justice

En 1998, des chercheurs ont fait remarquer que « même s’il existe d’abondantes preuves dénotant l’existence d’un lien entre l’ETCAF et la criminalité… aucune étude connue ne fait état de la prévalence de l’ETCAF en milieu carcéral » (Boland, 1998). Depuis lors, un nombre restreint d’études ont tenté de cerner le problème :

1999 : Une étude menée auprès de jeunes détenus canadiens hospitalisés (287) et ayant été l’objet d’un renvoi en vue de subir une évaluation psychiatrique a conclu que 1 % d’entre eux correspondait aux critères du SAF et que 22,3 % correspondaient aux critères du TNDLA (Fast et Conry, 1999).

2003 : Selon une étude menée auprès d’installations correctionnelles canadiennes, 13 détenus sur 148 797 avaient reçu un diagnostic d’ETCAF au Canada. Le taux de prévalence de 0,087 pour 1 000 personnes était nettement en deçà du taux d’incidence estimatif relevé au sein de la population en général. Cette constatation donne fortement à croire qu’on n’identifie pas les personnes atteintes de l’ETCAF au sein du système judiciaire au Canada (Burd, L., 2003).

2003-2005 : Un projet-pilote, mené par la PLEA Community Services Society, l’Asante Centre for Fetal Alcohol Syndrome et le ministère des Enfants et de la Famille de la C.-B. et financé par le ministère de la Justice du Canada, a conclu qu’environ 4,5 % des jeunes visés par une ordonnance de probation dans la région côtière de Vancouver et la région du fleuve Fraser souffraient de l’ETCAF et qu’un autre groupe de 26 % était considéré comme « à risque ». Le nombre de renvois et de jeunes ayant reçu un diagnostic d’ETCAF indique clairement qu’il y a dans le système de justice pour la jeunesse des individus atteints de l’ETCAF qui n’ont pas été identifiés ou diagnostiqués (MJC, 2005).

2006 et 2007 : Des chercheurs ont étudié des délinquants soumis à une évaluation préliminaire à l’Établissement de Stony Mountain, près de Winnipeg. Ils ont conclu que l’incidence de l’ETCAF était dix fois supérieure au sein de l’échantillon de l’étude par rapport à la population en général (MacPherson, P., 2007).

2009 : Des chercheurs ont interrogé des membres du personnel de services d’aide aux victimes dans tout le Canada qui travaillent auprès de victimes de l’ETCAF. Selon des informations anecdotiques, l’ETCAF est sous-diagnostiqué chez les victimes d’actes criminels (Fraser, C., 2009).

Comme l’indiquent ces constatations, les estimations de l’incidence de l’ETCAF au sein de la population carcérale varient suivant les limites des études, comme la taille de l’échantillon. Au mois de mars 2010, la prévalence de l’ETCAF au sein de la population carcérale n’était pas entièrement établie.