L'ETCAF et le Système de Justice

Si une femme enceinte consomme de l'alcool, il y a un risque que son enfant souffre de l'ETCAF. Selon l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2003), 13,9 % des femmes ont déclaré avoir consommé de l'alcool à un moment quelconque durant leur grossesse. La gravité de l'effet de l'alcool sur le fœtus peut varier, et elle est influencée par des facteurs tels que la quantité d'alcool consommée par la mère, le moment où elle le fait et à quelle fréquence, de même que l'état de santé et la constitution génétique de la mère et du bébé. Selon des études récentes, le fait qu'une femme enceinte consomme à un moment quelconque de l'alcool, ne serait-ce qu'en faible quantité, peut avoir une incidence négative sur le cerveau en développement du foetus. Même le fait de ne consommer qu'un ou deux verres d'alcool par semaine fait courir un risque au bébé (ASPC, 2008).

L'ETCAF est un risque pour les femmes qui peuvent consommer de l'alcool sans savoir qu'elles sont enceintes ou qui ignorent le risque qu'il y a à exposer leur futur bébé à de l'alcool. Il y a aussi de nombreux autres facteurs qui peuvent amener une femme enceinte à consommer de l'alcool, dont la pauvreté, le chômage, la maltraitance et la violence familiale. Il est possible qu'elle consomme de l'alcool pour l'aider à supporter sa situation et qu'elle continue ensuite de le faire durant sa grossesse (ASPC, 2008).

Les effets de l'alcool sur le fœtus en développement peuvent causer une série de déficiences physiques, de déficiences du cerveau et du système nerveux central ainsi que des problèmes de comportement. Les effets que présente l'enfant à la naissance sont permanents et portent le nom de « déficiences primaires ». Les déficiences secondaires sont celles qu'une personne n'a pas à la naissance et qu'il est possible d'atténuer grâce à de meilleures connaissances et à des interventions appropriées (Streissguth, A. 1996; ASPC, 2008).

Le gouvernement du Canada considère que, dans le cas des femmes qui sont enceintes ou qui prévoient l'être, la consommation d'alcool présente toujours un danger, peu importe le moment ou la quantité (ASPC, 2008).