L'ETCAF et le Système de Justice

Comme l’indique le manuel de formation de Schacht et LaDue de 2003 sur le syndrome de l’alcoolisation fœtale et les déficiences connexes (tiré de come-over.to/FAS/PDF/FASManual3.pdf),

[traduction] « Les cinq principes directeurs d’intervention qu’on retrouve le plus régulièrement concernant les personnes atteintes du SAF/TNDNA sont peut-être la structure, l’uniformité, la brièveté, la variété et la persistance ». (p. 112)

On souligne parfois que les personnes atteintes de l’ETCAF s’en tirent très bien dans le contexte carcéral et que cela est peut-être causé par la structure et la routine inhérentes à l’incarcération et à la supervision correctionnelle. Voici certains des facteurs qui contribuent à un ajustement institutionnel réussi :

  • Être détenu dans une unité « sécuritaire » où les activités des contrevenants sont suivies afin de prévenir la manipulation et la violence de la part des autres détenus que les personnes atteintes de l’ETCAF subissent souvent.
  • Appliquer des règles simples, uniformes et faciles à suivre et communiquer cette information à tous les employés qui interagissent avec la personne.
  • Établir des activités routinières auxquelles la personne peut s’attendre et avoir hâte. Dans la mesure du possible, préparer la personne aux changements de ces activités, comme le changement de personnel ou de milieu.
  • Adopter et élaborer des stratégies de supervision et des interventions correctionnelles qui correspondent au niveau de fonctionnement de la personne. Expliquer concrètement les attentes et les instructions et faire des commentaires constructifs sont essentiels pour le succès.
  • Donner l’occasion de travailler ou d’exercer une activité significative contribue à un sentiment d’accomplissement et de valorisation tout en fournissant une structure et une variété additionnelles.
  • Orienter la personne vers des soutiens positifs dans le milieu carcéral comme les aumôniers, les tuteurs, les superviseurs de travail, les aînés, etc., pour encourager la modélisation de compétences sociales et d’établissement de relations.
  • Répondre aux préoccupations en matière de santé, notamment mentale, et promouvoir des pratiques saines de style de vie de même que des stratégies d’adaptation.
  • Répondre constamment et calmement aux accès de colère et aux comportements impulsifs comme l’auto-infliction de lésions ou le comportement destructeur.
  • Faciliter les occasions d’apprendre des compétences de vie et des activités quotidiennes comme la gestion d’argent, les compétences organisationnelles, les compétences de communication, l’hygiène personnelle, etc.
  • Un représentant institutionnel nommé précisément pour travailler avec les personnes atteintes de l’ETCAF afin de maximiser les forces et de contribuer au fonctionnement dans le milieu carcéral est optimal.
  • Les transitions peuvent se traduire par des périodes où les personnes atteintes de l’ETCAF sont vulnérables, de sorte que la préparation très à l’avance de la libération contribue à préparer la personne à ce changement de même qu’à assurer la mise en place des services et des soutiens nécessaires.
  • Veiller à ce que le personnel correctionnel connaisse et comprenne l’ETCAF ainsi que les interventions et les soutiens qui sont nécessaires à une réintégration réussie.

Malgré toutes les meilleures mesures visant à procurer un milieu d’appui dans le contexte correctionnel, la transition d’un établissement à la collectivité peut être difficile pour la personne atteinte de l’ETCAF. La section suivante analyse des suggestions visant l’édification des soutiens communautaires.