L'ETCAF et le Système de Justice

[traduction] « Un réseau de soutien communautaire à l’extérieur de la prison est nécessaire, à défaut de quoi les personnes atteintes de SAF ne pourront pas s’y retrouver dans le cadre des règles sociétales normales. Les personnes atteintes de SAF réussissent le mieux lorsqu’on leur procure une structure, des règles claires et l’uniformité – les experts du domaine qualifient ce concept de ‘cerveau externe’ » (Byrne, 2002, p. 4).

Les personnes atteintes de l’ETCAF nécessitent soutien et accommodement pour s’ajuster et fonctionner efficacement dans les établissements correctionnels. Les mêmes principes d’intervention – la structure, l’uniformité, la brièveté, la variété et la persistance – sont nécessaires pour une réinsertion réussie dans la collectivité.

La libération peut être une période stressante pour les contrevenants. Souvent, les personnes ne savent pas trop où elles vivront; à quoi ressembleront les gens qui vivront et travailleront à cet endroit; quelles seront les règles applicables; l’argent dont elles disposeront pour vivre; et ainsi de suite. Effectuer une planification préalable à la libération afin de découvrir ces questions et d’y répondre est essentiel pour faciliter la transition de l’établissement à la collectivité. Mettre en contact la personne avec le ou les professionnels correctionnels communautaires affectés à la supervision de leur libération avant qu’elle quitte l’établissement peut contribuer à réduire l’angoisse associée au cheminement dans l’inconnu. Il est important pour les professionnels correctionnels communautaires (généralement des agents de libération conditionnelle et des agents de probation), comme leurs homologues institutionnels, de bien comprendre les défis et les caractéristiques associés à l’ETCAF de même que les interventions et stratégies recommandées.

Au cours des semaines et des mois qui suivent la libération de la personne atteinte de l’ETCAF, les agents communautaires de libération conditionnelle ou de probation peuvent jouer un rôle important. L’établissement de relations et un suivi étroit contribuent au repérage et à l’examen rapides des sources de préoccupations nouvelles. Les agents communautaires de libération conditionnelle ou de probation peuvent servir de liens importants entre la personne atteinte de l’ETCAF et un logement sécuritaire et abordable, un emploi ou une autre activité significative et structurée ainsi qu’une personne ou un groupe qui offrira un soutien permanent.

Anthony P. Wartnik (2007, p. 81), juge à la retraite, approfondit la notion de « cerveau externe » susmentionnée et offre les suggestions suivantes pour les personnes atteintes de l’ETCAF qui sont libérées dans leur collectivité :

  1. Vivre dans un foyer de groupe ou dans un établissement ayant un horaire établi (quand se lever, manger, etc.).
  2. Un emploi très structuré, même à temps partiel. D’ailleurs, l’une des valeurs d’un emploi à temps partiel réside dans le fait qu’il donne à la personne atteinte de l’ETCAF une activité régularisée dont elle a besoin chaque jour.
  3. Un horaire quotidien créé en collaboration avec le défendeur et supervisé par un parent, un représentant, un parrain ou une autre partie
  4. Participation aux programmes de traitement réguliers comme des classes de gestion de la colère, le traitement de la déviance sexuelle, les tests antidrogue, le traitement contre la toxicomanie, les réunions d’Alcooliques anonymes (AA), la thérapie familiale, la thérapie de groupe et les groupes récréatifs.

M. Wartnik encourage ensuite les agents de probation/libération conditionnelle de tenir compte de l’effet du trouble dans le cas où la personne atteinte de l’ETCAF viole les conditions de sa libération. Bon nombre des caractéristiques associées à l’ETCAF – mauvaise mémoire, réactions émotionnelles intenses et changement d’humeur, difficulté à gérer le stress – peuvent entraîner des comportements susceptibles d’être considérés comme une indication du risque de récidive. Au lieu de la « réaction disproportionnée » à ce qui constitue en réalité des symptômes du trouble, M. Wartnik recommande le rassemblement d’une équipe ou d’un cercle de soutien afin d’aider la personne atteinte de l’ETCAF à mieux gérer son comportement.

Enfin, certaines des recommandations privilégiées par Schacht et LaDue (2003) pourraient contribuer au maintien de la continuité des soins et du soutien dans la collectivité :

  • En venir à une entente concernant la gestion d’argent
  • Obtenir un logement sécuritaire et abordable ou un placement en résidence subventionnée
  • Fournir un soutien à la maison afin d’aider la personne à vivre de façon aussi indépendante que possible
  • Enseigner et modéliser les compétences parentales si la personne a des enfants
  • Référer la personne à de la formation professionnelle spécialisée et/ou à des stages
  • Veiller à la prestation de soins médicaux
  • Faire en sorte qu’un gestionnaire de cas aide la personne atteinte de l’ETCAF et sa famille à avoir accès aux services nécessaires
  • Organiser le traitement de la toxicomanie et de l’alcoolisme pour la personne, si nécessaire
  • Servir de représentant pour veiller à la mise en œuvre des recommandations
  • Reconnaître les limites, les forces et les compétences de la personne
  • Accepter le « monde » de la personne atteinte de l’ETCAF