L'ETCAF et le Système de Justice

Gestion du comportement

Approches parentales traditionnelles

La plupart des soignants élèvent leurs enfants de la manière dont ils ont été élevés. Ils récompensent les bons comportements et prévoient des conséquences pour les « mauvais » comportements. La croyance populaire veut qu’un bon comportement en entraîne un autre et que les conséquences imposées ou naturelles découragent les comportements indésirables. Ce type d’intervention est efficace si l’enfant peut comprendre les règles, s’en souvenir et les appliquer. Lorsque le fonctionnement du cerveau est modifié en raison de l’exposition à l’alcool avant la naissance, l’enfant peut ne pas être capable de faire ce qu’on attend de lui sans assistance.

Prenez, par exemple, une personne dont la vue est irrémédiablement endommagée avant sa naissance. Quelle que soit la récompense ou la conséquence, elle ne pourra pas voir. Ce qu’il faut, c’est une intervention telle que des lunettes ou de plus gros caractères. Le même raisonnement s’applique à la personne atteinte de l’ETCAF. Si celle-ci est incapable de répondre aux attentes en raison d’un dysfonctionnement cérébral, la conséquence ou la récompense n’aura aucun effet sur son comportement actuel ou futur.

Gestion du comportement lié au cerveau

L’intervention nécessaire pour surmonter les difficultés causées par un dysfonctionnement cérébral dépend de la façon dont l’enfant est affecté. La première étape de la détermination d’une intervention possible consiste à établir les comportements associés au dysfonctionnement cérébral. Une évaluation psychologique menée par un psychologue fournira les renseignements nécessaires. Si une telle évaluation n’est pas disponible, il est possible de tenir un journal des comportements troublants. Grâce à un inventaire détaillé des comportements, il se peut que la personne qui travaille avec l’enfant soit en mesure d’établir les comportements liés au cerveau et, dès lors, d’élaborer des stratégies pour aider l’enfant à surmonter ses difficultés.

[TRADUCTION] « L’évaluation psychologique sert à évaluer la pensée, l’apprentissage et le comportement. L’évaluation peut comprendre des entrevues, des observations, des tests et des consultations avec d’autres professionnels […] L’évaluation psychologique aide à connaître les forces et (difficultés) de votre enfant et mènera à des recommandations d’interventions scolaires et comportementales. En décelant les problèmes, l’évaluation peut servir à planifier le programme scolaire de votre enfant, à préciser les besoins en matière de services spéciaux à l’école et à vous aider à accéder aux ressources disponibles dans votre collectivité. » (SickKids.ca)

Songez aux interventions suivantes pour surmonter les difficultés liées au cerveau :     

  • Créez un horaire visuel qui montre les changements d’activités. (Voir, par exemple, l’horaire visuel ci-dessous.)
  • Créez une routine visuelle qui sert à rappeler la prochaine tâche.
  • Utilisez une minuterie visuelle qui montre le temps qui s’écoule afin de préparer l’enfant en vue du début ou de la fin d’une activité.
  • Utilisez des avertissements verbaux pour préparer l’enfant à un changement.
  • Modifiez votre façon de communiquer les changements d’activités; par exemple, dites « Tout d’abord, nous ferons X; ensuite, nous ferons Y ».

Si l’enfant éprouve des difficultés sur le plan de l’organisation, songez à faire ce qui suit :

  • utiliser un code de couleurs pour qu’il puisse mettre les articles similaires dans des bacs de rangement;
  • désencombrer les espaces de manière à ce qu’il puisse trouver facilement ses affaires;
  • expliquer chaque étape de la routine de nettoyage lorsque celle-ci a lieu;
  • dresser une liste de vérification des matériaux nécessaires pour une tâche donnée ou une liste de tâches à accomplir au cours d’une journée donnée.

Stratégies générales

Il n’y a pas de stratégie unique ou de liste de stratégies unique qui convienne à toutes les situations; toutefois, les présentes lignes directrices décrivent les approches qui ont porté fruit dans certaines situations.

Relation : La personne atteinte de l’ETCAF fonctionne mieux avec une personne qui croit en elle, qui reconnaît ses forces et qui mise sur celles-ci — une personne en qui elle a confiance; une personne qui comprend les difficultés qu’elle éprouve et qui l’aide à résoudre les problèmes.

Modification des croyances au sujet de la signification du comportement : Examinez le comportement difficile à la lumière de l’ETCAF. Le comportement peut sembler intentionnel, mais l’est-il? Si le comportement est lié au cerveau, au lieu de tenter de le modifier au moyen de récompenses et de punitions, adoptez une stratégie qui en tient compte. 

Modification des attentes : Demandez-vous si les attentes sont logiques, compte tenu des difficultés qu’éprouve la personne atteinte de l’ETCAF.

Supervision et soutien : La plupart des personnes atteintes de l’ETCAF ont besoin d’une supervision active « avec les yeux » longtemps après leurs pairs du même âge; certaines personnes ont besoin d’un niveau de supervision élevé pendant toute leur vie. Le niveau de supervision et de soutien nécessaire dépend de leurs habiletés et de leurs difficultés. 

Structure : Un plan détaillé et cohérent pour chaque journée réduit le stress et procure un sentiment de contrôle et de certitude. Les personnes atteintes de l’ETCAF ne fonctionnent habituellement pas bien avec un horaire non structuré.

Routine : La routine s’entend des actions qui sont nécessaires pour accomplir une tâche donnée et de l’ordre dans lequel elles doivent avoir lieu. Faire la même chose dans le même ordre et à la même heure à chaque jour a pour effet d’aider la personne à se souvenir des actions nécessaires et de réduire le stress. Le niveau de détail de chaque routine diffère selon les capacités de la personne. Pour plusieurs enfants, une routine visuelle affichée à l’endroit où l’action doit avoir lieu les aide à se sentir plus autonomes. (Voir, par exemple, l’horaire visuel.)

Communication : Communiquez de façon claire et simple. Soyez concret et littéral. Parlez de ce qu’il faut faire plutôt que de ce qu’il ne faut pas faire. « Montre-le-moi, ne me le dis pas ». Vérifiez si la personne a compris en lui demandant de répéter ce que vous avez dit dans ses propres mots. Utilisez des mots qu’elle comprend. Utilisez les mêmes mots à chaque fois. Utilisez des éléments visuels. Parlez lentement et donnez à la personne beaucoup de temps pour penser. 

Stratégies sensorielles : Enlevez les irritants; utilisez la lumière naturelle, désencombrez l’espace, réduisez le bruit, utilisez des couleurs calmantes, enlevez les étiquettes des vêtements, vérifiez s’il y a des tissus ou vêtements irritants. Faites des activités calmantes qui font travailler les grands muscles (par ex., pousser, tirer ou serrer).

Placements à des fins de protection

Placements à des fins de protection pour les enfants atteints de l’ETCAF

Les enfants atteints de l’ETCAF fonctionnent habituellement mieux avec un soignant qui entretient une relation positive et stimulante avec eux, qui comprend leur déficience et qui est capable de modifier son rôle parental pour tenir compte des différences liées au cerveau. Parmi les stratégies les plus couramment adoptées, on compte un environnement structuré dans lequel des routines uniformes sont présentées visuellement. Les espaces calmants ou les activités calmantes aident les enfants à maîtriser leurs émotions et leurs comportements. Les soignants qui ont du succès sont capables d’établir les situations dans lesquelles le comportement est lié au cerveau et de réagir avec des interventions appropriées pour éviter de punir les enfants pour leur déficience.

Une étude intitulée Understanding the Occurrence of Secondary Disabilities in Clients with FAS and FAE (Streissguth, Barr, Koga et Bookstein, 1996) fait valoir qu’il existe des facteurs de protection qui augmentent la possibilité d’obtenir des résultats plus favorables pour les personnes atteintes de l’ETCAF. Parmi ces facteurs de protection, on compte un foyer stable et stimulant, un diagnostic avant l’âge de six ans (pour une intervention rapide), un QI inférieur à 70 (pour être admissible aux services destinés aux personnes ayant une déficience), ainsi que le fait de ne jamais avoir été victime de violence.

Les qualités d’un placement à des fins de protection : des soignants ayant la capacité de faire ce qui suit :

  • modifier ses attentes en fonction des capacités de l’enfant, pour éviter de le punir pour un comportement lié au cerveau;
  • reconnaître les comportements liés au cerveau et modifier ses techniques parentales pour fournir un encadrement approprié;
  • modifier sa façon de communiquer pour surmonter les difficultés liées au langage;

Lorsqu’un enfant est élevé dans un environnement qui lui permet de développer ses forces et où ses difficultés sont comprises et prises en compte, il est moins susceptible de connaître les problèmes suivants : problèmes de santé mentale destructeurs (dépression, trouble panique); grossesse précoce; décrochage; démêlés avec la justice; internement ou incarcération (traitement des dépendances, prison); comportement sexuel inapproprié; problèmes d’alcool ou de drogues; incapacité de vivre de manière autonome; problèmes en matière d’emploi (Streissguth, Barr, Koga et Bookstein, 1996).

Gestion du comportement : horaire visuel

16 H 00

LunchboxSac à lunch

backpack

hangcoatAccrocher le manteau

shoesawayRanger les chaussures

snackGoûter

           

16 H 15

watchtvRegarder la télé

activitycardCarte d’activités

craftBricolage

daceDanse

homeworkDevoirs

           

17 H 30

washhands
Se laver les mains

helpmomAider Maman

eatsupperSouper

platetocounterMettre l’assiette sur le comptoir

ipadiPad

           

18 H 30

playwithdadJouer avec Papa

bathBain

snackGoûter

brushteeth

Se brosser les dents

bedtimeAu lit

Routine de transition

Mettre la minuteriesetthetimer

Avertissement cinq minutes avant la fin5 minutewarning

Nettoyagecleanup

Arrêtstop

Minuterie visuelle

 visualtimer

Routine visuelle pour la toilette

Baisser la fermeture-éclairunzip

Utiliser la toiletteusethetoilet

S’essuyerwipe

Se laver les mainswashhands

Se sécher les mainsdryhands