L'ETCAF et le Système de Justice

Dans R. c. J. (T.) (1999), la Cour territoriale du Yukon a décrit certains des comportements judiciairement importants que l’on associe aux déficiences primaires de l’ETCAF. Ces comportements reflètent les dommages cérébraux sous-jacents que cause une exposition prénatale à l’alcool.

[traduction]
L’effet de l’alcool sur le cerveau du fœtus est tel que cette région (le lobe frontal du cerveau) ne se développe pas assez pour permettre à la personne atteinte du SAF de maîtriser convenablement ses actes. Cela étant, les malades atteints du SAF sont habituellement impulsifs, peu inhibés et sans crainte. Ils font souvent preuve d’un mauvais jugement et sont facilement distraits. Les difficultés qu’ils ont à percevoir les indices sociaux et leur manque de sensibilité causent souvent des problèmes interpersonnels.

Les malades atteints du SAF ont de la difficulté à lier des faits aux conséquences qui en résultent. Ces dernières sont à la fois physiques, comme le fait de se brûler sur une cuisinière chaude, et punitives, comme le fait d’être envoyé en prison pour avoir commis un crime. À cause de cela, il leur est difficile de tirer des leçons de leurs erreurs. Le malade étant insuffisamment conscient de la menace ou de la peur des conséquences, il y a moins de chance qu’il maîtrise son comportement impulsif. Dans le même ordre d’idées, les personnes atteintes du SAF ont de la difficulté à comprendre que leur comportement peut se répercuter sur d’autres. Il y a donc peu de chances qu’ils manifestent de véritables remords ou qu’ils assument la responsabilité de leurs actes.

R. v. J. (T.) (1999) Y. J. no 57

Les chercheurs ont également découvert que les personnes atteintes de l’ETCAF qui entrent en contact avec le système de justice à titre d’accusé, de témoin ou de plaignant « peuvent faire une fausse confession ou une fausse déclaration et, devant un tribunal, sembler confuses ou donner des explications contradictoires. Un témoin… peut interpréter des questions de façon trop littérale ou nier une chose qui paraît manifestement vraie. La victime (atteinte de l’ETCAF) peut ne pas se souvenir clairement de détails de temps, de lieu et d’ordre, et peut être facilement influencée par des questions directives. » (J. Conry et D. K. Fast, 2000).

(Tableau) Primary Behaviours Related to FASD Chart – Justice Implications (en anglais seulement)